L'embarquement terminé, la trompette commanda le silence, et l’on fit les voeux accoutumés avant le départ, non pas sur chaque vaisseau isolément, mais sur la flotte (ratière et par le ministère d’un héraut. Dans toute l'armée, on mêla du vin dans des cratères ; chefs et soldats firent des libations avec des coupes d'or et d’argent. A ces invocations s'unissaient celles de la multitude restée sur le rivage , et composée de citoyens et d’autres assistants favorablement disposés. Le Péan chanté et les libations achevées, la flotte prit le large. D’abord elle sortit du port à la file ; puis elle jouta de vitesse jusqu'à Êgine ; de là elle se dirigea rapidement sur Corcyre. lieu de ralliement assigné au reste des alliés.
Cependant à Syracuse, bien qu'on reçût de toutes parts l’avis de cette expédition, longtemps on ne voulut pas y ajouter foi. Une assemblée fut convoquée, et l’on entendit plusieurs orateurs , les uns confirmant, les autres contestant la nouvelle. Hermocratès fils d'Hermon, qui se croyait bien informé, parut alors à la tribune et s’exprima en ces termes :