Dans ce désordre, les vaisseaux d’Athènes voyaient-ils les Corcyréens pressés, ils accouraient pour intimider les ennemis; mais leurs généraux évitaient de prendre l'offensive, n’osant pas enfreindre leurs instructions. L’aile droite des Corinthiens fut très-maltraitée. Les Corcyréens, avec vingt-trois vaisseaux, la mirent en fuite, la dispersèrent et la poussèrent à la côte; puis, s’avançant jusqu’au camp, ils débarquèrent, brûlèrent les tentes désertes et pillèrent la caisse. Sur ce point, les Corinthiens et leurs alliés étaient donc vaincus et les Corcyréens vainqueurs; mais il en était tout autrement à la gauche, qu'occupaient les Corinthiens eux-mêmes, et où ils avaient un avantage décidé; car les Corcyréens, déjà inférieurs en nombre, étaient encore affaiblis par l’éloignement de leurs vingt vaisseaux détachés à la poursuite des ennemis. Les Athéniens, voyant leurs alliés ébranlés, les secoururent avec moins d’hésitation. Jusque-là ils s’étaient tenus sur la réserve; mais, quand la déroute fut décidée et que les Corinthiens s’acharnèrent sur leurs ennemis, chacun prit part à l’action; tout fut confondu; alors Corinthiens et Athéniens se virent forcés d’en venir aux mains ensemble.