« Je sais qu’avec votre caractère j’aurais peu de chance d’être écouté, si je vous exhortais à conserver ce que vous possédez, sans risquer le certain pour rincertam. le réel pour l'imaginaire. Aussi me bornerai-je à vous démontrer que le moment est mal choisi pour cette entreprise, et que le but auquel vous visez n’est pas facile à atteindre.
« Je soutiens qu’entreprendre cette expédition lainteae, c’est vouloir , aux nombreux ennemis que nous laissons derrière nous, en ajouter de nouveaux et les. attirer ici. Tous croyez peut-être que la paix récemment conclue a quelque soKdité. Cette paix, tant que vous serez tranquilles, subsistera de nom — c’est à quoi l’ont réduite les intrigues pratiquées soit chez nous, soit ailleurs ; — mais au moindre échec que nous viendrons à subir, nos ennemis s'empresseront de nous attaquer: d'abord paree qu’ils- ont traité à La suite de rêvas, par nécessité, à des conditions humiliantes ; puis parce que le texte du traité laisse plusieurs points en litige. Il est même tels peuples — et ce ne sont pas les moins puissants — qui n’ont pas encore accepté cette paix. Les uns nous font une guerre ouverte, les autres ne sont retenus que par l’inaction des Lacédémoniens et par des armistices de dix jours. Qui sait si tnwh vant nos forces divisées—et c’est à quoi nous travaillées présentement, — ils ne seront pas tentés de nous attaquer, de concert avec les Grecs de Sicile, dont naguère ils eusses! mis l’alliance à un si haut prix ?