« C’est sans doute par mépris pour nous et dans l’espoir que nul ne sortirait à leur rencontre, que les Athéniens sont montés sur la colline, où, sans aucun ordre, ils contemplent en pleine sécurité le paysage qui s’offre à leurs yeux. Lorsqu’on aperçoit de telles fautes chez un ennemi et qu’on mesure ses forces pour l’attaquer, non pas ouvertement ni en bataille rangée, mais en tirant parti des circonstances, on est presque assuré du succès. Ruses glorieuses, par lesquelles en trompant ses adversaires on rend les plus grands services à ses amis. t Ainsi, pendant qu’ils sont encore plongés dans une confiance aveugle et qu’ils songent plutôt à se retirer qu’à s’établir, je veux profiter de leur inadvertance, et, sans leur laisser le temps de la réflexion, les gagner, s’il se peut, de vitesse en me jetant avec les miens sur le centre de leur armée. a Pour toi, Cléaridas, quand tu me verras, aux prises avec eux, les frapper probablement d’épouvante, prends avec toi tes soldats, ceux d’Amphipolis et les autres alliés ; fais brusquement ouvrir les portes ; sors à la course, et viens au plus tôt me rejoindre. Ton aspect ne peut manquer de les effrayer; car un nouvel ennemi est bien plus formidable que celui qui est en présence et déjà engagé. Montre-toi courageux en vrai Spartiate.