CXII. Brasidas, à la vue du signal, s’empresse d’accourir et de faire avancer son armée. Tous ensemble poussent des cris qui glacent de terreur les habitants : les uns se jettent dans la ville par les portes, les autres se précipitent vers un pan de mur écroulé que l’on re- bâtissait, et l’escaladent à l’aide des poutres carréesProbablement un plan incliné. disposées pour élever les pierres. Brasidas, avec le gros de l’armée, se dirigea aussitôt vers le point culminant de la ville, voulant, par l’occupation des hauts quartiers, s’assurer de la place. Le reste des troupes se répandit indistinctement de tous les côtés.
CXIII. Pendant l’occupation de la ville, la plupart des Toronéens, n’étant instruits de rien, étaient dans la stupeur ; les auteurs du complot, au contraire, et ceux qui approuvaient, accouraient se joindre aux nouveaux venus. Quand les Athéniens, couchés sur la place au nombre de cinquante hoplites environ, s’aperçurent de la surprise, quelques-uns se défendirent et furent tués ; les autres se sauvèrent, ceux-ci à pied, ceux-là sur deux vaisseaux stationnaires, et se réfugièrent à Lécythos. C’était un poste qu’ils avaient établi en occupant, du côté de la mer, l’extrémité de la ville isolée sur un isthme étroit.