XCV. « Athéniens, je ne puis vous dire que peu de mots ; mais avec des hommes de coeur l’effet sera le même. C’est moins une exhortation qu’un appel à vos souvenirs. Que personne de vous ne s’imagine qu’il ne convient pas de s’exposer à un pareil péril sur une terre étrangère : même sur leur territoire, c’est pour le nôtre que nous combattrons ; et, si nous triomphons, jamais les Péloponnésiens, privés de la cavalerie béotienne, n’envahiront notre pays. Un seul combat vous suffira pour conquérir la Béotie et affermir l’indépendance de votre patrie. Marchez donc contre eux ; montrez-vous dignes de cette ville, la première de la Grèce, que chacun de vous est fier d’avoir pour patrie ; dignes de vos pères qui jadis, sous Myronidès, ont vaincu ces mêmes ennemis à oenophytes et soumis la Béotie. »