« Il serait bientôt nul ce danger, si nous voulions faire une transaction générale ; car le point d’appui des Athéniens n’est pas chez eux, mais chez les peuples qui les appellent. Dès lors ce n’est pas une guerre qui mettra fin à une autre guerre : mais c’est la paix qui terminera à l’amiable nos différends; et ces perfides auxiliaires, qui se couvrent d’un masque spécieux, s’en retournerout comme ils sont venus, sans avoir rien gagné.
« Tel est, à l’égard des Athéniens, l’immense avantage que nous nous assurons en prenant une sage résolution. Quant à la paix entre nous, à cette paix que chacun s’accorde à regarder comme le premier des biens, pourquoi ne pas la conclure? Si les uns prospèrent, si les autres souffrent, ne croyez-vous pas que la tranquillité convienne mieux que la guerre pour procurer à ceux-ci la cessation de leurs maux , à ceux-là le maintien de leur bien-être? N’est-ce pas la paix qui garantit les honneurs et les distinctions? N’est-ce pas elle qui produit mille autres avantages, aussi longs à énumérer que les maui de la guerre? Pesez donc mûrement mes paroles ; et, loin d'en tenir peu de compte, profitez-en pour votre salut.