XLVI. Pendant le cours de ces événements, Eurymédon et Sophocle, partis de Pylos avec la flotte athénienne pour se rendre en Sicile, abordèrent à Corcyre. Réunis aux habitants de la ville, ils marchèrent contre ceux des Corcyréens qui s’étaient établis sur le mont Istone, lorsqu’ils revinrent du continent après la sédition. De là, ils dominaient le pays et y faisaient beaucoup de mal. On attaqua leur fort et on s’en empara ; ils se réfugièrent sur une hauteur et capitulèrent à la condition de livrer les troupes auxiliaires, d’abandonner leurs armes et de s’en remettre, pour leurs personnes, à la discrétion des Athéniens. Les généraux les transportèrent, sous la garantie de ce traité, dans l’île de PtychiaAujourd’hui Vido., pour y être gardés jusqu’à leur translation à Athènes, avec cette clause, que, si un seul d’entre eux était surpris à s’échapper, la convention serait annulée pour tous. Cependant les chefs du parti populaire à Corcyre, craignant qu’à leur arrivée à Athènes on ne leur laissât la vie, imaginèrent cet expédient : dans le but de tromper les prisonniers, ils envoyèrent à quelques-uns d’eux des amis leur représen ter, comme par bienveillance, que le mieux pour eux était de s’é- chapper au plus vite ; qu’eux-mêmes leur tiendraient prêt quelque bâtiment ; car les généraux athéniens devaient les livrer au peuple de Corcyre.