XXXVI. Cependant rien ne se décidait encore, lorsque le commandant(??) des Messéniens, s’approchant de Cléon et de Démosthènes, leur dit qu’ils s’épuisaient en vains efforts ; que s’ils voulaient lui donner un certain nombre d’archers et de soldats légers, il prendrait l’ennemi à dos, en le tournant par un chemin qu’il saurait trouver, et qu’il espérait forcer le passage. Ayant obtenu ce qu’il demandait, il partit à la dérobée, de manière à n’être pas vu des ennemis, et s’avança en suivant toujours les escarpements, là où le passage était praticable. Comme les Lacédémoniens, comptant sur la force de la position, avaient négligé d’y placer des gardes, il parvint, grâce à de longs et pénibles circuits, à leur dérober sa marche, et se montra tout à coup sur leurs derrières, couronnant les hauteurs. Cette apparition inattendue frappa de stupeur les ennemis ; elle redoubla l’ardeur des Athéniens, qui voyaient leur attente réalisée. De ce moment, les Lacédémoniens, attaqués de deux côtés, se trouvèrent, pour comparer les petites choses aux grandes, dans la même situation que les défenseurs des Thermopyles, lorsque les Perses les tournèrent par un sentier et les massacrèrent. Déjà ils ne tenaient plus : accablés de toutes parts, luttant en petit nombre contre un ennemi supérieur, exténués pat, la faim, ils cédaient le terrain : les Athéniens étaient maîtres du passage.