Comme on ne faisait aucun progrès, le chef des Messéniens, s’adressant à Cléon et à Démosthène, leur dit qu’on se fatiguait en vain ; que, s’ils voulaient lui donner un certain nombre d’archers et de peltastes, il se faisait fort de tourner la position par le chemin qu’il saurait trouver et de forcer le passage. Il obtint ce qu’il demandait, partit sans bruit, et, dérobant sa marche aux ennemis, il se glissa le long des escarpements, par tous les endroits praticables, vers le point que les Lacédémoniens avaient cru assez fort pour se passer de défense. Il y parvint à grand’peine et après de longs détours. Tout à coup il se montra derrière eux sur la hauteur. Ils furent consternés de cette apparition soudaine, tandis que les Athéniens qui l’attendaient en conçurent une nouvelle ardeur. Dès lors , les Lacédémoniens , attaqués des deux côtés à la fois, se trouvèrent, toute proportion gardée, dans la même situation que les défenseurs des Thermopyles, quand les Perses les tournèrent par le sentier et les taillèrent en pièces. Enveloppés de toutes parts, ils ne résistaient plus; mais, accablés par le nombre, exténués par la faim, ils reculaient. Les Athéniens étaient maîtres du passage.