Les députés ne firent pas d’objection ; mais ils demandèrent qu’on nommât des commissaires chargés de discuter à loisir avec eux ces divers articles et d’admettre ceux sur lesquels on tomberait d’accord. Là-dessus Cléon jeta feu et flammes contre les Lacédémoniens, disant qu’il savait bien dès l’origine toute leur mauvaise foi; qu’il n’y avait plus à en douter, puisqu’ils refusaient de s’expliquer devant le peuple et voulaient ne le faire qu’en petit comité. Il les somma, si leurs intentions étaient droites, de les déclarer séance tenante. Les Lacédémoniens, quoique disposés par leurs malheurs à faire des concessions, sentaient qu’il ne leur était pas possible de s’ouvrir en pleine assemblée. Ils craignaient, si leurs offres étaient Tejetées, de se trouver en butte à l’animadversion de leurs alliés. Voyant d’ailleurs que les Athéniens n’adhéreraient pas à des conditions modérées, ils quittèrent Athènes sans rien terminer.
A leur retour l’armistice de Pylos expirait de plein droit. Les Lacédémoniens redemandaient leurs vaisseaux, conformément à la convention. Mais les Athéniens alléguèrent une attaque dirigée contre la place au mépris du traité et quelques autres contraventions sans importance. Ils refusèrent de rendre les bâtiments et se prévalurent de la clause qui déclarait la trêve rompue à la moindre infraction, quelle qu’elle fût. Les Lacédémoniens protestèrent hautement contre l’injuste détention de leurs vaisseaux ; puis ils se retirèrent en faisant appel aux armes.