Le lendemain arriva un héraut de la part des Ambraciotes réfugiés d’Olpæ chez les Agréens. Il demandait la permission de relever les corps des hommes tués à la suite du premier combat, lorsque, sans y être autorisés, ils étaient sortis avec les Mantinéens et autres protégés par la capitulation. Ce héraut, voyant les armes des Ambraciotes de la ville, n’en pouvait croire ses yeux; car il ignorait le désastre de la veille, et prenait ces armes pour celles de ses compagnons. Un des assistants, qui le croyait envoyé par ceux d’idomène, lui demanda la cause de sa surprise et combien d'hommes ils avaient perdus, c Environ deux cents, répondit le héraut.—Ce ne sont pas là les armes de deux cents hommes, mais de plus de mille. — Dans ce cas, ce ne sont pas celles de nos gens. — Ce sont elles, si vous avez combattu hier à Idomène. — Hier nous n’avons eu affaire avec personne ; c’est avant-hier, dans la retraite. —Et nous, c’est hier que nous nous sommes battus contre ceux-ci qui venaient d’Ambracie. » A ces mots le héraut comprit que le renfort parti de la ville avait été détruit. Atterré de cette catastrophe, il poussa un profond soupir et se retira immédiatement, sans remplir sa mission et sans réclamer les morts.