CVIII. Déjà l’action était engagée et les Péloponnésiens, débordant l’aile droite de l’ennemi, commençaient à l’envelopper, lorsque les Acarnanes sortirent de leur embuscade, tombèrent sur eux, et les mirent en déroute. Leur trouble fut tel, qu’ils ne résistèrent pas au premier choc, et entraînèrent dans leur panique le reste des troupes avec eux ; car, quand on vit en déroute le corps d’Euryloque, le plus solide de l’armée, la terreur n’en fut que plus grande. Ce furent les Messéniens, placés à cette aile sous les ordres de Démosthènes, qui contribuèrent surtout au succès de l’action.
Cependant les Ambraciotes et les troupes de l’aile droite eurent l’avantage de leur côté, et poursuivirent l’ennemi vers Argos ; car ce sont les hommes les plus belliqueux de ces contrées. Mais quand, à leur retour, ils virent la défaite de la plus grande partie de l’armée, vivement pressés eux-mêmes par les autres Acarnanes, ils se rabattirent sur Olpes, et n’échappèrent qu’avec peine. Beaucoup périrent en se précipitant confusément et sans aucun ordre vers cette place ; pourtant les Mantinéens opérèrent leur retraite en meilleur ordre que fout le reste de l’armée. Le combat finit vers le soir.