» Quant à moi, je persiste à penser que vous ne devez pas revenir sur votre décision précédente, si vous voulez éviter les trois écueils les plus dangereux pour un empire, savoir la pitié, le charme des discours et l’indulgence. La pitié ne doit s’accorder qu’à charge de revanche, et nullement à ceux qui, insensibles aux ménagements, ne cesseront pas d’être nos ennemis mortels. Les orateurs dont les discours vous enchantent trouveront une arène dans d’autres occasions moins sérieuses que celle-ci, où la ville, pour un instant de plaisir, éprouvera un immense dommage, tandis qu’eux-mêmes seront payés de leur faconde à beaux deniers comptants. Enfin l’indulgence est due aux hommes qui vous sont et vous seront dévoués, mais non pas à ceux qui resteront toujours les mêmes, et qui n’en persévéreront pas moins dans leur hostilité, contre vous.