Avant de licencier l’armée navale qui s’était retirée à Corinthe et dans le golfe de Crisa^némos, Brasidas et les autres généraux péloponésiens voulurent, à l’instigation des Mégariens et au commencement de l’hiver, faire une tentative sur le Pirée, port d’Athènes. Il n’était ni gardé ni fermé; ce qui n’est pas surprenant, vu la grande supériorité de la marine athénienne. U fut résolu que chaque matelot prendrait sa rame, son coussinet, sa courroie La courroie servait à attacher la rame,*le coussinet à s’asseoir sur les francs de rameurs. Corinthe n’est qu’à vingt kilomètres de Mégare. , et se rendrait à pied de Corinthe à la mer qui est du côté d’Athènes; qu’après avoir promptement gagné Mégare, on tirerait de Niséa, chantier de cette ville, quarante vaisseaux qui s’y trouvaient, et qu’on cinglerait immédiatement contre le Pirée. Il n’y avait dans ce port aucune escadre de garde, et l’on était loin de s’attendre à un coup de main si hardi. Les Athéniens n’appréhendaient guère une agression ouverte et préméditée, ou, le cas échéant, ils croyaient qu’ils ne pouvaient manquer de la prévoir.