44–45
« Quant à vous qui avez passé l’âge, regardez comme un avantage d’avoir traversé dans la joie la plus grande partie de votre vie ; songez que le reste sera court ; et que la gloire de vos fils soit un allégement à vos douleurs. L’amour de la gloire seul ne vieillit pas, et, au déclin de l’âge, la plus grande des jouissances n’est pas, comme on le dit, d’amasser des richesses, mais d’obtenir des respects.
XLV. « Quant à vous, ici présents, fils et frères de ceux qui ne sont plus, j’entrevois pour vous une lutte difficile : car chacun est naturellement porté à louer celui qui n’est plus ; en vain atteindriez-vous aux plus sublimes vertus, on ne vous comparera point à eux ; à grand’peine trouvera-t-on que vous en approchez. Car on jalouse les vivants comme des rivaux, et le mérite qui a cessé de faire ombrage obtient, sans contestation, honneurs et bienveillante estime.
« S’il me faut aussi parler des femmes, qui vont maintenant vivre dans le veuvage, quelques mots résumeront toutes les vertus qui conviennent à leur position : ce sera pour vous une grande gloire si vous ne vous montrez en rien au-dessous des qualités de votre sexe ; le mieux est de n’obtenir, ni en bien ni en mal, aucune célébrité parmi les hommes.