« Nous avons ménagé à l’esprit des délassements ans nombre, soit par des jeux et des sacrifices périodiques, ;oit, dans l'intérieur de nos maisons, par une élégance dont le ;harme journalier dissipe les tristesses de la vie. La grandeur le notre ville fait affluer dans son sein les trésors de toute a terre, et nous jouissons aussi complètement des produits itrangers que de ceux de notre sol.
« Quant à l’apprentissage de la guerre, nous l’emportons en plusieurp points sur nos rivaux. Notre ville n’est fermée à personne ; il n’y a point de loi qui, chez nous, écarte les étrangers d’une étude ou d’un spectacle dont nos ennemis pourraient profiter. C’est qu'à l’heure du danger, nous comptons moins sur des préparatifs, sur des stratagèmes prémédités, que sur notre courage naturel. D’autres, par un laborieux exercice commencé dès l’enfance, se font de la bravoure une vertu d’éducation; nous, au contraire, sans nous astreindre à de rudes fatigues, nous affrontons les périls avec une égale intrépidité. Et la preuve, c'est que les Lacédémoniens ne se mettent jamais en campagne contre nous sans se faire suivre de tous leurs alliés ; tandis qife nous, pénétrant seuls chez nos ennemis, nous triomphons, sans trop de peine, de peuples qui défendent leurs propres foyers.