« Mais rien ne les arrêtera plus que le manque d’argent et le temps qu’ils perdront à s’en procurer; or, à la guerre, les occasions n’attendent pas. Les fortifications dont ils nous menacent sont aussi peu redoutables que leur marine. Il est difficile, même en temps de paix, à une ville puissante, de construire de semblables fortifications ; à plus forte raison en pays ennemi et quand nous leur opposerons la même tactique. S’ils bâtissent un fort, ils pourront bien, par des incursions, ravager une partie de nos terres, et provoquer des désertionsDésertions d’esclaves fugitifs, telles qu’Àthènes en éprouva un si grand nombre pendant l’occupation de Décélie par les Lacédémoniens. Voyez liv. VII, ch. xxvii. ; mais ils ne nous empêcheront pas de cingler contre leur territoire pour y élever des forts à notre tour, et de diriger contre eux cette marine qui fait notre force. L’habitude de la mer nous assure plus d’habileté sur terre que leur expérience continentale ne leur en donne pour la navigation.