LXXXVII. Après ces paroles, il mit lui-même la question aux voix en sa qualité d’éphore : mais, comme à Lacédémone on vote par acclamation au lieu de déposer un suffrage, il déclara ne pas reconnaître dans quel sens était l’acclamation la plus forte ; il voulait que l’assemblée, en manifestant explicitement son opinion pour la guerre, fût par cela même plus irrévocablement engagée. « Que ceux d’entre vous, ditil, qui pensent que le traité est rompu et que les Athéniens nous ont manqué, passent de ce côté (et il indiquait la place) ; que ceux qui sont d’une opinion contraire passent du côté opposé. » On se leva, et, après partage, ceux qui jugeaient le traité rompu furent, de beaucoup, les plus nombreux. Les Lacédémoniens rappelèrent alors les alliésCeux-ci se retiraient au moment de la délibération, lorsqu’il s’agissait de questions soumises à la décision des Lacédémoniens seuls. — Il résulte de l’ensemble de ce passage que le gouvernement aristocratique de Lacédémone avait gardé quelques-unes des formes démocratiques, en particulier la décision par le peuple des questions de paix et de guerre. et leur dirent qu’ils jugeaient les Athéniens coupables ; mais qu’ils voulaient convoquer tous les alliés à donner leur suffrage, afin de n’entreprendre la guerre que si elle était décidée dans une délibération générale. Cette affaire réglée, les alliés se retirèrent : les députés d’Athènes partirent après eux, lorsqu’ils eurent réglé l’affaire pour laquelle ils étaient venus. Ce vote, par lequel l’assemblée déclarait le traité rompu, eut lieu la qua- torzième année de la trêve de trente ans432 av. J.-C., conclue après les affaires d’Eubée.