« Cette prudence nous rend à la fois propres à la guerre et au conseil : à la guerre, parce que la modération est la source de l’honneur et l'honneur celle du courage; au conseil, parce que nous avons été élevés trop simplement pour mépriser les lois et trop sévèrement pour les enfreindre ; enfin, parce que n'étant pas initiés aux connaissances oiseuses, nous ne possédons pas l’art de critiquer en belles phrases les plans de nos ennemis, sans nous soucier si nos actions répondront à nos paroles. Nous croyons que les idées d’autrui valent bien les nôtres et qu'on ne peut faire d’avance la part de l’avenir. Il faut toujours présumer nos adversaires bien inspirés et leur opposer des préparatifs réels, ne point placer nos espérances dans les fautes qu'ils pourront commettre, mais plutôt dans la justesse de nos calculs. Ne vous figurez pas qu’il y ait une grande différence entre un homme et un autre homme : s’il en est un qui excelle, c’est celui qui a été formé à l’école de la nécessité.