Phrynichos, qui s’attendait à cet acte de perfidie, de même qu’à un nouveau message d’Alcibiade, prit les devants. Il avertit l’armée que, Samos étant ouverte et les vaisseaux ne mouillant pas tous dans l’intérieur du port, il tenait de bonne source que les ennemis se disposaient à Tattaque du camp ; qu’il fallait donc fortifier la ville au plus tôt et faire soigneuse garde. Comme général, l’exécution dépendait de lui. On se mit donc à l’œuvre ; voilà pourquoi Samos, destinée d’ailleurs à être fortifiée, le fut plus promptement. Bientôt vint la lettre d’Alcibiade annonçant que l'armée était trahie et les ennemis sur le point de l’attaquer ; mais on ne donna aucune attention à ises paroles. On pensa qu’instruit des projets de l’ennemi, illen avait, par motif de haine, rejeté la complicité sur Phrynichos. Loin de rendre celui-ci suspect, cet avertissement ne fit que confirmer son témoignage.