LIX. Telles furent les clauses du traité. Tissaphernes se disposa ensuite à faire venir la flotte phénicienne, comme il en était convenu, et à réaliser toutes ses promesses; du moins il tenait à montrer qu’il s’en occupait.
LX. Les Béotiens, à la fin de l’hiver, prirent par trahison Oropos, gardée par une garnison athénienne. Ils furent secondés par quelques habitants d’Érétrie et même d’Oropos, qui méditaient la défection de l’Eubée. Car Oropos, qui commandait Érétrie, devait nécessairement, tant qu’elle serait au pouvoir des Athéniens, faire beaucoup de mal à cette ville et au reste de l’Eubée. Une fois maîtres d’Oropos, les Érétriens passèrent à Rhodes pour appeler les Péloponnésiens en Eubée. Mais ceux-ci se préoccupaient, avant tout, de secourir Chio, alors serrée de près. Ils partirent de Rhodes et prirent la mer avec toute leur flotte; arrivés à la hauteur de Triopion, ils aperçurent au large les vaisseaux athéniens venant de Chalcé; et comme, ni d’un côté ni de l’autre, on ne voulait engager l’action, les Athéniens retournèrent à Samos, et les Péloponnésiens à Milet. Il était dès lors évident pour ces derniers que Chio ne pouvait être secourue sans un combat naval. Avec l’hiver finit la vingtième année de cette guerre dont Thucydide a écrit l’histoire.